L’ARS (Agence régionale de la santé) a décidé de réformer la permanence de soins (PDS)
chirurgicale, c’est-à-dire les opérations chirurgicales réalisées de nuit.
La tentative n’est pas nouvelle. En juillet 2010, l’agence avait déjà fait une proposition qui aurait conduit à la fermeture de tous les blocs à l’exception d’un seul site par département.
Proposition tellement irrecevable que le projet a été remisé.
Il ressort désormais sous une autre version : la permanence de nuit sera organisée en deux tranches horaires :
première tranche jusqu’à 22h30 et deuxième de 22h30 jusqu’à 8h30. Tous les établissements ayant un service d’urgence autorisé pourront accueillir et opérer les patients jusqu’à 22h30, à partir
de 22h30, seuls les établissements sélectionnés seront autorisés à le faire. Ils recevront les patients transférés des centres hospitaliers non habilités.
L’objectif de ce nouveau projet n’a pas changé, il s’agit de réduire drastiquement le nombre de
PDS. Mais la méthode se veut plus « douce », la concertation avec des établissements est mise en avant.
Quoi qu’il en soit, il revient à l’ARS, selon des critères pour le moins obscurs, de faire la sélection des
établissements habilités pour janvier 2012.
Que savons-nous pour l’heure , sachant que les décisions seront définitivement arrêtées fin octobre
?
- que la compression des PDS pourraient aboutir à ne conserver que deux sites pour la chirurgie de nuit
en Seine-et-Marne,
- localement, que la PDS de Fontainebleau est sur le point d’être fermée et transférée à Melun où la PDS
chirurgie fermée depuis 4 ans sera rouverte ;
- que les chirurgiens de Fontainebleau assureront ces permanences en complément de l’équipe de
Melun.
Plusieurs remarques.
La réouverture de la PDS de Melun est une bonne nouvelle mais celle-ci devait se faire
conformément aux déclarations de M . Evin, soit dans le cadre du nouveau partenariat cliniques/hôpital et non par un transfert de l’activité publique bellifontaine.
« la permanence des soins a été
abandonnée la nuit, faute d'avoir suffisamment de médecins dans chaque établissement; elle sera de nouveau assurée avec le
regroupement.» déclarait Claude Evin dans le Figaro le 3 mai
dernier.
Ce
transfert programmé de la PDS de Fontainebleau n’est par ailleurs pas justifié par ce qui constitue désormais la référence : le nombre d’actes pratiqués (celui-ci est en effet très nettement
supérieur à la norme européenne exigée et l’activité de deux sites Melun/Fontainebleau pourraient parfaitement se justifier).
Ce
transfert constitue, en outre, une nouvelle étape dans le processus d’affaiblissement de l’offre de chirurgie publique dans le sud Seine-et-Marne et singulièrement sur le
bassin de Fontainebleau et Nemours. La fermeture de
la chirurgie ambulatoire à Nemours est déjà consacrée pour la fin de l’année (décembre 2010).
Le
transfert de la PDS du CH de Fontainebleau aura nécessairement un impact sur le nombre d’acte en chirurgie réglée (journée) compte tenu des repos nécessaires pour l’équipe qui aura assuré les
urgences à Melun. L’on sait que tout fléchissement du
nombre d’actes s’il entraine un passage en dessous du nombre d’actes nécessaires condamnera la chirurgie publique à terme et l’exposera à une reprise par le
privé.
Or
nous l’avons toujours dit, le partenariat polyclinique/CH de Fontainebleau (et CH de Nemours) dans le cadre du projet de nouvel hôpital au Bréau ne vaut que si l’activité publique et notamment
la chirurgie publique garde une place prééminente.
Aujourd’hui, le transfert programmé de la PDS chirurgicale du centre de Fontainebleau sonne comme la première étape d’un
démantèlement de la chirurgie publique dans le sud Seine-et-Marne que nous ne pouvons accepter.
Roseline Sarkissian, Conseillère régionale, membre de la commission action sociale/santé de la Région
Ile-de-France


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