Partager l'article ! La communication présidentielle est-elle à la hauteur?: Le point "Une visite très cadrée, y compris la ...
Le point
Par Ségolène Gros de Larquier
Nicolas Sarkozy s'est rendu le jeudi 3 septembre à l'usine Faurecia de Caligny, dans l'Orne. Faut-il mesurer moins d'un
mètre soixante-huit pour figurer derrière Nicolas Sarkozy ? C'est la consigne qui aurait été donnée jeudi dernier lors de la visite du chef de l'État dans l'usine Faurecia de Caligny, dans
l'Orne. Le président de la République était venu rencontrer les salariés de l'équipementier automobile et présider une table ronde consacrée au soutien à l'activité et à l'emploi.
"Tout a été extrêmement cadré et défini pour la visite du président, y compris la taille des personnes devant figurer derrière lui sur l'estrade", affirme au point.fr José de Sa Moreira,
délégué syndical central de Faurecia (CFDT). D'après lui, les employés ne devaient pas excéder une taille d'un mètre soixante-dix. Cette mise en scène a été révélée par la RTBF, la télévision
belge, dont le correspondant Jean-Philippe Schaller, a décrypté les coulisses de la visite du locataire de l'Élysée. Dans le reportage diffusé samedi, c'est une salariée vêtue d'un tablier
blanc qui confirme avoir été retenue pour sa petite taille. "On m'a dit que vous avez été choisie sur un critère de taille. Est-ce que c'est vrai ?", demande le journaliste belge. "Oui",
répond cette femme. "Il ne faut pas être plus grand que le président ?", insiste le journaliste. "Voilà", répond l'employée.
Nicolas Sarkozy aurait également refusé d'enfiler les équipements de protection de rigueur à l'intérieur de l'usine, comme la blouse et les chaussures de sécurité. "On nous a fait comprendre
que le président portait des talonnettes et qu'il était hors de question pour lui de mettre autre chose", explique le délégué CFDT José de Sa Moreira. Et de poursuivre : "Nicolas Sarkozy est
très exigeant. Plein de petites choses ont été fixées en vue de sa visite. Mais nous ne sommes pas capables de tout vérifier, car les renseignements généraux et la préfecture chargés de
travailler avec la direction de Faurecia n'ont pas communiqué là-dessus."
Chez Faurecia, la polémique agace. "Je ne vois pas où est le problème. Nicolas Sarkozy voulait être entouré lors de son allocution devant les salariés. J'ai sélectionné des personnes juste en
vue d'une image télévisuelle", explique lundi matin Thierry Lemâne, le responsable communication qui a organisé la visite du chef de l'État à Caligny. Interrogé sur le refus du président de
revêtir les équipements de sécurité, Thierry Lemâne élude la question : "Moi-même, je ne les avais pas sur moi. Nicolas Sarkozy n'est pas venu dans un coin à risques." Dans un communiqué de
presse publié lundi après-midi, Faurecia tente d'apaiser les esprits. La direction de l'entreprise dédouane l'Élysée, assurant avoir eu "la maîtrise d'oeuvre de l'organisation générale de
cette visite, à l'exception des mesures de sécurité". Et d'assurer : "La direction dément les rumeurs faisant état d'' exigences particulières de l'Élysée ' quant au personnel Faurecia
présent durant l'allocution du président".
De son côté, l'Élysée juge cette polémique "totalement saugrenue et grotesque". "Ces dires mettent en cause la crédibilité de la RTBF qui avait déjà annoncé Nicolas Sarkozy ivre pendant un
sommet du G8 alors que le chef de l'État ne boit pas d'alcool", poursuit la présidence.
Au mois d'août, c'est la mise en scène d'une sortie du ministre de l'Éducation, Luc Chatel, dans un supermarché
qui avait été épinglée. La société Intermarché avait au final reconnu
avoir invité des salariés pour qu'ils fassent office de clients.
Vos derniers commentaires